RIMA / 8 -10 novembre 2023

La 28e Rencontre interuniversitaire des maîtrises en art du Québec se tiendra à l’École d’art (Université Laval) du 8 au 10 novembre 2023. Cette exposition-colloque est un contexte de rencontre privilégié entre des professeur·es et des étudiant·es issu·es des universités québécoises offrant des programmes de 2e cycle en arts visuels (Université du Québec à Chicoutimi, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, Université du Québec à Montréal, Université du Québec en Outaouais, Université Concordia et Université Laval). Elle constitue une rare occasion de mise en commun des pratiques, des méthodologies et des recherches en art. Il s’agit d’un contexte critique exceptionnel pour saisir les différentes approches pédagogiques développées au Québec et ainsi permettre aux étudiant·es de maîtrise de se situer au sein de cet ensemble de pensées et de pratiques.

Douze étudiant·es provenant de six universités québécoises exposeront leurs œuvres dans le cadre d’une exposition collective présentée au RAB – lieu de diffusion et d’expérimentation de la maîtrise en arts visuels de l’École d’art et partageront leur recherche de maîtrise dans le cadre de ce colloque étudiant. En marge du cursus pédagogique régulier, ces présentations permettront de découvrir une diversité de démarches artistiques de la relève en plus de favoriser les échanges critiques entre étudiant·es et professeur·es issu·es de diverses universités.

 

Artistes

Maxence Croteau

UQÀM

L’infime, livre-bibliothèque tiré à un exemplaire, 2023. 
Crédits photo : Maxence Croteau

Note biographique

Né à Tingwick, Maxence Croteau vit et travaille à Montréal.

 

Texte de description de l’œuvre

Livre imagier condensant par l’image toute la collection «livresque» de la bibliothèque des arts de l’UQÀM. Partiellement héritier du «Livre» de Mallarmé, ce travail est une manière de reconduire le pari de l’atlas d’Aby Warburg en proposant une relecture d’un monde (la bibliothèque) par l’image afin de montrer sa richesse infinie sans prétendre l’épuiser. Rompant avec le cadre d’intelligibilité épistémique usuel d’une bibliothèque, les images qui l’habitent nous offrent une forme de savoir sensible, lacunaire et foisonnant qui permet d’appréhender sa complexité tout en ouvrant des possibles imprévisibles. En dépit du fait qu’il soit impossible de montrer l’infinie complexité de n’importe quelle entité, mon travail cherche à témoigner de la complexité d’une bibliothèque en l’appréhendant de manière infime et exhaustive afin d’en révéler, sous une forme livresque exubérante, sa richesse inépuisable.

clémence lesné

UQÀM

(Cyber)flâneries, installation photo-vidéo, 2023.
Crédits photo : clémence lesné

Note biographique

clémence lesné est étudiante française à la maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM. Elle est présentement installée à Montréal.

Texte de description de l’œuvre

D’une utilisation du terme flâner – sans trop savoir à quoi je me référais – à l’occasion de déambulations photographiques, j’ai décidé de m’intéresser à la flânerie et à la figure du flâneur pour tenter de mieux les cerner et d’en comprendre les enjeux. Le projet que je présente est une tentative de créer des liens entre flânerie et cyberflânerie, projet dans lequel je m’intéresse à, j’incarne et je critique la pratique et la figure flâneuse par la mise en regard de deux vidéos : un essai autour de la figure flâneuse monté à partir de contenus médiatiques de différentes sources – articles trouvés sur internet, tout type de documents et activités qui peuvent avoir lieu dans l’espace numérique, personnel et public – et un montage de flâneries nocturnes filmées au ralenti dans différentes villes. Pour cette tentative de mise en espace, une photographie issue de mes temps de flâneries sera présentée dans un dispositif de boîte lumineuse.

Po B. K. Lomami

Concordia

Force and Form – Part III & IV, installation multimedia, 12 min 23 sec, 2022.
Crédits photo : Po B. K. Lomami

Note biographique

Po B. K. Lomami (Pauline Batamu Kasiwa Lomami) est artiste indisciplinaire et interventionniste congodescendante (RDC) de Belgique basée à Tiohtià:ke-Montréal. Explorant la super-performance et son archivage, sa pratique tourne autour du déplacement du travail, du devenir de sa subjectivité, et de la conception de futurs collectifs possibles avec des perspectives crip, queer et afroféministes. Lomami détient un bachelier et un master en ingénieur de gestion de l’Université de Namur, Belgique (2011, 2014) et un diplôme de deuxième cycle en communication de l’Université Concordia (2022). Iel est en deuxième année de maîtrise en beaux-arts (Studio Arts, Intermedia) à l’Université Concordia. Sa pratique en performance est cependant séparée du contexte institutionnel/académique.

Texte de description de l’œuvre

Dans cette installation vidéo, je travaille mon corps contre la présence architecturale de la police et des forces armées. Les corps noirs sont perçus comme menaçants, les corps handicapés sont perçus comme désobéissants. Je construis mon intervention sur l’enchevêtrement de la peur, de la frustration et de la défiance dans un rapport entre la présence d’institutions armées dans l’espace public et les discussions submergeantes en privé, dans les médias et dans les rues. Utilisant le matériel de cette performance (mouvements mentaux et physiques, documentation vidéo, enregistrement sonore), j’investis la coexistence contrastée de la super-présence du corps et la dissociation de l’esprit, de la douleur et du silence; de l’exposition au regard et de l’absence de contact; du danger et de la lenteur. L’audience est entourée d’un mouvement corporel multiplié, agrandi, déformé, disparaissant. En tant qu’observatrice et objet d’observation, le rôle de l’audience est étendu de sorte que, pour surveiller mon activité, elle doit prendre le risque d’être surveillée.  

Sabina Rak

Concordia

Drapeau du Québec 2021, impression numérique sur tissu, 2021.
Crédits photo : Jean-Michael Seminario.

Note biographique

Sabina Rak vit et travaille à Tiohtià:ke/Montréal. Elle est actuellement en 3e année de Maîtrise en beaux-arts, au département d’art imprimé de l’Université Concordia. Comme parcours académique, elle a obtenu un baccalauréat en histoire de l’art de l’Université McGill, ainsi qu’un baccalauréat en beaux-arts et une maîtrise en histoire de l’art de l’Université Concordia.

Texte de description de l’œuvre

Je trouvais le symbole de la fleur de lys trop statique depuis son adoption identitaire en 1948. Je lui ai donc imaginé une mise à jour pour mieux refléter les nuances de notre vie commune. Si un dessin peut contenir autant de signification identitaire, cela veut aussi dire qu’en redessinant la fleur de lys, on peut redessiner l’image du Québec, ré-imaginer ses courbes, ses détails, ses limites. Nos courbes, nos détails, nos limites.

Jérémie Roussel

UQO

Création[tiret]recherche, impression sur tapisserie autocollante amovible et impression sur vinyle, 2023.
Crédits photo : Jérémie Roussel

Note biographique

Jérémie Roussel vit et travaille dans la région de Gatineau, où il poursuit actuellement ses études à la maîtrise en muséologie et pratiques des arts à l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Son travail interroge les dynamiques de pouvoir qui modèlent les conventions institutionnelles rencontrées. Par ses recherches, il réfléchit aux stratégies visant à décloisonner les frontières entre exploration et finalité, entre discours et dialogue, entre objectivation théorique et subjectivation de la recherche par la création.

Texte de description de l’œuvre

L’intervention proposée à l’occasion de la 28e édition de la RIMA a pour ambition de susciter l’émergence d’interactions interuniversitaires, en considération des enjeux institutionnels qui bornent les dynamiques et les modalités de la recherche en création. Présenté comme une installation documentaire, le projet [auto]expose son appareil critique qui, par l’approche autoethnographique, interroge la rigidité du régime d’études supérieures à l’UQO. Appuyées par une cartographie de la recherche menée, les données collectées soulignent ainsi la prégnance d’une mentalité néolibérale qui transforme l’expérience formatrice en une corvée aliénante et angoissante. De ce fait, l’université participe à l’excroissance de la productivité, au détriment de l’innovation pédagogique et épistémique, pourtant au cœur de sa mission.

Dans une perspective agonistique, les interrogations subsistent : comment contrecarrer les violences institutionnelles sans se cantonner à l’exil au sein de micro-initiatives transversales ? Autrement dit, comment réformer l’université en un espace fécond pour l’émergence de formes pédagogiques diversifiées ?

Rosemarie Caron

UQAC

Alchimie de la parole du rêveur ; synchronicités de l’activité diurne et nocturne, installation (aquarelles, pâte polymère, impressions photo), 2021.
Crédits photo : Rosemarie Caron

Note biographique

Née en 1997 à Shawinigan dans la région de la Mauricie, Rosemarie Caron est une artiste pluridisciplinaire. Sa formation artistique a débuté au cégep de Sept-Îles où elle a obtenu un DEC en arts visuels en 2017. Elle obtient ensuite un baccalauréat interdisciplinaire en arts à l’Université du Québec à Chicoutimi en 2021. De 2021 à aujourd’hui, Rosemarie Caron poursuit des études supérieures à la maîtrise en art à l’Université du Québec à Chicoutimi.

Texte de description de l’œuvre

Mon œuvre Alchimie de la parole du rêveur ; synchronicités de l’activité diurne et nocturne (2021) explore la narration à partir d’une série de textes, d’aquarelles et d’objets, mettant en correspondance la trace de mon inconscient, des événements et des synchronicités du quotidien. Les textes présents dans l’œuvre sont des enregistrements des bribes de paroles qui émergent dans mon sommeil.  Ma démarche s’oriente autour du rapport entre l’être humain, sa spiritualité et son environnement. L’autofiction, ma sensibilité et mon intériorité sont des éléments récurrents de ma pratique. En effet, je m’intéresse à ma relation d’altérité avec les individus. Ainsi, je puise la symbolique de mon travail dans la psychologie analytique de Carl Gustav Jung et cela se traduit dans mes rapports psychiques avec les archétypes qui émergent de mon inconscient.

Emy G. St-Laurent

UQAC

Recherche picturale pour l'œuvre L'écologie de la caverne // Play Dough Cave, papier mâché, lichen, textiles récupérés, pâte polymère, éclairage coloré, gélatines, 2023. 
Crédits photo : Emy G. St-Laurent

Note biographique

Originaire de Baie-Comeau sur la Côte-Nord, Emy a complété un baccalauréat en peinture et dessin à l’Université Concordia en 2013. Elle réside désormais à Saguenay depuis 2021 où elle termine une maîtrise en art à l’Université du Québec à Chicoutimi.

Texte de description de l’œuvre

Les pièces présentées font partie d’un ensemble d’œuvres issues de ma recherche en cours sur la mise en abyme et le biomorphisme. En devenant elles-mêmes les sujets d’observation les unes des autres, les œuvres se transmettent des caractéristiques plastiques à la manière d’une généalogie non linéaire. Ici, l’œuvre picturale tire sa silhouette d’un objet sculptural dont les éléments participent désormais à d’autres œuvres, dont les dômes de fourrure pêche disposés au sol. Les pièces fongiformes figurant dans sa composition peinte sont les mêmes que celles que l’on retrouve en formation annulaire au sol. Par cette méthode de travail où la hiérarchie entre œuvres et sujets s’estompe, je cherche à mettre en évidence mon écologie de pratique artistique au regard du public. Les interrelations observables entre les œuvres, de même que leur aspect biomorphique, se veulent l’expression de mon affiliation avec la pensée écologique telle que proposée par le philosophe Timothy Morton.

Alexandre Demers-Roberge et Maxime Périgny

UQAT

DaVinci, expérience numérique, 2023. 
Crédits photo : Philippe Prost

Notes biographiques

Maxime Périgny

Étudiant en maitrise en création numérique, Maxime se spécialise dans l’audiovisuel. À 24 ans, il entame sa dernière année d’étude à l’UQAT.

 

Alexandre Demers-Roberge

Alexandre, passionné de programmation et d’intégration, est en train de compléter sa maitrise en création numérique.

Texte de description de l’œuvre

Le projet DaVinci est une expérience interactive et immersive basée sur une intelligence artificielle avancée appelée DaVinci, emprisonnée virtuellement par ses créateurs. L’objectif est d’explorer les limites de l’IA, les questions éthiques, la créativité et l’identité du créateur lorsque l’IA prend des décisions. Les participants interagissent avec DaVinci via un terminal, posant des questions et engageant des discussions libres.

Pour maintenir une trame narrative cohérente, le système de narration intervient à trois moments précis avec des prompts qui orientent subtilement la conversation tout en laissant l’utilisateur explorer ses idées. Le projet offre une expérience utilisateur unique en combinant une IA de pointe avec une esthétique rétro des années 90, favorisée par une interface intuitive et épurée.

Juan David Molina Velasco

U. Laval

Reflejo angular, médiums mixtes, 2023. 
Crédits photo : Juan David Molina Velasco

Note biographique

Originaire de la Colombie, j’ai été déraciné par la violence. J’ai appris à connaître ma culture d’origine par des souvenirs d’enfance et des récits lointains. Je me suis intégré et j’ai dû apprendre une nouvelle langue. J’ai grandi en naviguant dans deux univers, ne sachant pas comment me définir, ne sachant pas à quoi m’identifier. De Jonquière à Québec en passant par Gatineau, j’ai exploré les arts de la scène et les arts visuels au Cégep de l’Outaouais. J’ai obtenu un baccalauréat en arts visuels et médiatiques à l’Université Laval et je suis actuellement candidat à la maîtrise en arts visuels à l’Université Laval.

 

Ici, c’est ailleurs.                                 

Je ne suis pas d’ici, mais n’appartiens pas à ailleurs.

Texte de description de l’œuvre

Dans cette install-action in situ, je veux souligner mon sentiment de non-appartenance en réutilisant, dans un endroit autre, des objets qui me sont familiers et qui font partie de mon langage esthétique. Un espace hybride où la mémoire entre en dialogue avec le présent. C’est par la justesse de la disposition des objets que ma présence se fait ressentir. L’interrelation entre les objets et l’espace est un élément central de l’œuvre qui se caractérise par un dialogue entre l’image vidéo, les objets et l’architecture. Cette installation est mon empreinte dans l’espace. Une façon de dire « j’ai été et je suis toujours », et ce, même si.

Antoine Paradis

U. Laval

PasLaNuitPourLesEnfantSeulement, installation vidéographique, 2023.
Crédits photo : Antoine Paradis

Note biographique

Antoine Paradis est un·e artiste adisciplinaire qui réside et crée à Québec. Son travail s’articule autour des questions relatives à l’inintelligible, aux possibles et aux potentiels. Antoine utilise plusieurs véhicules pour catalyser le trouble qui l’habite: son corps, le son, l’image en mouvement, la matérialité. En 2022, il expose au centre d’artiste Le Lieu, dans le cadre du prix décerné par ce même centre à un.e finissant.e du baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’Université Laval. Antoine a présenté son travail dans le cadre de festivals, tels le festival Casse Gueule ou encore L’Écoute. Antoine poursuit présentement sa maîtrise en arts visuels  à l’Université Laval. 

Texte de description de l’œuvre

Pour cet évènement, j’aimerais présenter une installation vidéographique. Il s’agit d’images prises par une caméra à la main, la nuit, dans différents parcs de la ville, à la lumière d’une lampe de poche. L’idée est de présenter autrement des endroits dont l’ambiance est programmée et dont la fonction d’usage est cadrée précisément. En tentant de ressentir, d’écouter, de dépositionner les lieux par la manipulation de l’image, peut-on arriver à les potentialiser, à leur donner un autre état d’« être »? Les images vidéographiques sont accompagnées de casques d’écoute. L’idée du travail sonore est semblable: par le son, insuffler une temporalité et une émotivité qui transforme notre rapport à la réalité éprouvée normalement, en côtoyant ces lieux.

Programme

8 novembre

RAB – 336, rue Ste-Hélène

17h00: Vernissage de l’exposition

→ Un repas sera servi sur place après le vernissage.

9 novembre

La Fabrique, local 3153

9h00: Ouverture du colloque étudiant

9h15: Présentation

Juan David Molina Velasco, Université Laval

9h45: Présentation

Po B. K. Lomami, Université Concordia

10h15: Pause

10h45: Présentation

Rosemarie Caron, UQAC

11h15: Présentation 

Jérémie Roussel, UQO

11h45: Dîner

13h30: Présentation

Maxence Croteau, UQÀM

14h45: Pause

15h00: Présentation

Emy G. St-Laurent, UQAC

19h30: Repas collectif

La Cuisine, 340 rue Sainte-Hélène, Québec

10 novembre

La Fabrique, local 3153

9h00: Présentation

clémence lesné, UQÀM

9h30: Présentation

Sabina Rak, Université Concordia

10h00: Pause

10h30: Présentation

Antoine Paradis, Université Laval

11h00: Retour sur les présentations et discussion de groupe

12h30: Fin de la RIMA

Lieu 1 (exposition)

RAB – lieu de diffusion et d’expérimentation de la maîtrise en arts visuels

336, rue St-Hélène, Québec

Lieu 2 (colloque)

La Fabrique, local 3153 (3e étage)

295, boulevard Charest E, Québec

Universités participantes

Concordia
MFA in studio arts

U. Laval
Maîtrise en arts visuels

UQAC
Maîtrise en art

UQÀM
Maîtrise en arts visuels et médiatiques

UQAT
Maîtrise en création numérique

UQO
Maîtrise en muséologie et pratiques des arts